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Pourquoi Bernadette invita Grisouille
Je m’appelle Bernadette.
Oui, comme l’école. Ou peut-être est-ce l’école qui s’appelle comme moi, je ne sais plus très bien. Quand on est une chatte écaille de tortue, que l’on passe ses journées à dormir au soleil, à surveiller les cartables, à écouter les secrets murmurés dans la cour et à recevoir les caresses des enfants, on finit par connaître des choses que les grandes personnes ont parfois oubliées.
Je connais le bruit d’un chagrin avant même qu’il ne tombe des yeux. Je connais la joie d’un enfant qui court avec un dessin encore humide entre les mains. Je connais les genoux fatigués, les poches pleines de cailloux, les bouts de ficelle gardés comme des trésors, les traits de feutre qui dépassent et les couleurs qu’on choisit sans trop savoir pourquoi.
Et puis je connais l’art.
Oh, pas l’art avec de grands mots compliqués. Pas celui qu’on accroche très haut, dans des endroits où il faut parler doucement et ne rien toucher. Moi, je parle de l’art qui commence quand un enfant pose sa main sur une feuille et se dit, sans le dire vraiment, « là, je vais faire exister quelque chose ».
Un soleil violet. Un chat bleu. Une maison avec trois cheminées. Une forêt qui sourit. Un monde entier, parfois, dans un seul trait de crayon.
Alors, quand j’ai appris que la kermesse de l’école Sainte Bernadette aurait pour thème l’art, j’ai levé une oreille. Puis l’autre. Ce qui, chez moi, est le signe d’une très grande décision.
Il fallait inviter quelqu’un.
Pas n’importe qui.

J’aurais pu inviter un peintre célèbre, mais les peintres célèbres ont souvent des chaussures trop propres. J’aurais pu inviter un magicien, mais les magiciens aiment bien qu’on les regarde quand ils font disparaître les choses. Or moi, ce qui m’intéresse, ce n’est pas ce qui disparaît. C’est ce qui apparaît.
Alors j’ai pensé à Grisouille.
Grisouille, c’est une chatte tigrée aux yeux verts. Elle a le regard de celles qui ne croient pas tout ce qu’on leur raconte, sauf quand c’est vrai. Elle n’est pas du genre à dire « c’est très joli » si elle pense que le dragon ressemble à une patate. Mais elle sait voir ce que les autres ne voient pas. Elle sait reconnaître le courage caché dans un gribouillage, la tendresse dans une tache de peinture, la colère dans un trait trop appuyé, la joie dans une couleur choisie sans permission.
Grisouille ne juge pas les dessins. Elle les écoute.
Et c’est très important, d’écouter les dessins.
Parce qu’un dessin d’enfant, parfois, ne montre pas seulement une fleur, un château ou un chat. Il montre ce qui se passe dedans. Là où les mots ne vont pas encore. Là où les grandes personnes entrent rarement, parce qu’elles sont pressées, parce qu’elles ont des listes, parce qu’elles disent souvent « dépêche-toi » au moment même où un petit monde est en train de naître.

Alors j’ai envoyé un message à Grisouille.
Enfin, je n’ai pas écrit, naturellement. Les chats n’écrivent pas, sauf sur les coussins avec leurs poils. J’ai simplement fermé les yeux très fort, j’ai ronronné dans la bonne direction, et le message est parti par les chemins que connaissent les chats, les fées et quelques vieux cartables oubliés.
« Viens, Grisouille. Il y aura des enfants, des couleurs, des mains pleines de colle et des parents qui croient venir à une kermesse, alors qu’ils viennent peut-être retrouver un petit morceau d’eux-mêmes. »
Grisouille est arrivée avec son air de ne pas être impressionnée.
« Pourquoi moi ? » a-t-elle demandé.
Je lui ai répondu :
« Parce que tu sais que l’imaginaire n’est pas une décoration. C’est une force. Parce que tu sais qu’un enfant qui invente un monde apprend aussi à habiter le vrai. Parce que tu sais que l’art n’est pas fait pour réussir, mais pour oser. »
Grisouille a remué les moustaches.
Ce qui, chez elle, veut dire qu’elle était d’accord, mais qu’il ne fallait pas exagérer non plus.
Ensuite, il restait une question.
Pourquoi inviter Les Potions de Merlin ?
Ah, ça, c’était évident.
Parce qu’une potion, ce n’est pas seulement quelque chose que l’on boit. Une vraie potion, c’est un parfum, une couleur, une histoire, une invitation. C’est un petit chaudron de souvenirs où l’on mélange une feuille, un fruit, une épice, une légende, et parfois un peu de courage.
Les Potions de Merlin savent cela.
Elles savent qu’un thé peut raconter une forêt. Qu’une tisane peut ouvrir une porte. Qu’un parfum de caramel, de fruits ou d’épices peut faire apparaître un château, une cabane, un dragon ou une fée dans la tête de celui qui respire doucement.
Et l’art, c’est exactement cela.
Prendre peu de choses, une feuille blanche, trois couleurs, un morceau de carton, un peu de rêve, et en faire un passage.
Un passage vers soi. Vers les autres. Vers ce que l’on n’osait pas dire.

Alors voilà pourquoi je les ai invités.
J’ai invité Grisouille pour rappeler aux enfants que leurs idées méritent d’être regardées avec sérieux, même quand elles ont des moustaches de travers.
J’ai invité Les Potions de Merlin pour rappeler aux parents que la magie ne commence pas dans les grands spectacles, mais dans les petits instants partagés, quand on prend le temps de sentir, d’écouter, de créer, de goûter, de s’émerveiller.
Et j’ai voulu que tout cela se passe à l’école Sainte Bernadette, parce qu’une école n’est pas seulement un endroit où l’on apprend à compter les choses qui existent déjà.
C’est aussi un endroit où l’on apprend à faire exister ce qui n’existait pas encore.
Alors, le dimanche 28 juin, si tu viens à la kermesse, regarde bien.
Peut-être que tu verras une chatte écaille de tortue dormir au soleil, comme si elle n’avait rien organisé du tout.
Ne la crois pas trop vite.
Si elle ouvre un œil, c’est qu’elle surveille les couleurs.
Si elle ronronne, c’est qu’un enfant vient d’inventer quelque chose de précieux.
Et si, près d’elle, tu aperçois Grisouille en train d’observer un dessin avec son air très sérieux, alors approche doucement.
Car ce jour-là, à Sainte Bernadette, il ne s’agira pas seulement de peinture, de fête ou de kermesse.
Il s’agira de magie.
La vraie.
Celle qui commence dans les mains des enfants, et que les adultes ont parfois besoin de réapprendre.
Merlin et sa Fée
Il était un temps où la Terre respirait au rythme du chant des peuples invisibles.
Sur les sentiers de Brocéliande, là où la brume s’attarde comme un vieux souvenir, certains savent encore percevoir ce que l’Histoire a cru éteindre. Les Hommes, dans leur aveuglement, ont altéré et façonné ce monde à leur image, oubliant l’harmonie qui y régnait autrefois, mais à l’ombre de leurs pas résonne encore l’écho d’autres présences. Elfes, fées, korrigans… ces êtres magiques ont appris à se fondre dans le silence, dissimulés sous l’écorce d’un arbre, derrière un menhir ou une racine. Ce que le regard n’aperçoit plus, le cœur de l’enfant le devine encore.
Aujourd'hui, ce sont les breuvages qui chuchotent à qui sait tendre l'oreille. Chaque gorgée devient un pont tendu entre ce monde et celui que les yeux oublient. On dit que ces potions ne sont pas de simples infusions, mais des reliques d’un temps où l’harmonie liait l’homme à la nature. Dans chaque tasse, il y a un secret, une promesse, celle de renouer avec le Petit Peuple qui se cache encore sous nos pieds, à la frontière de l’invisible.
Je suis Merlin, ou Merzhin en langue bretonne. Des années en arrière, lorsque la forêt était encore plus dense que la mémoire, j’ai rencontré une fée, fragile et blessée par la cruauté des hommes. Ensemble, dans l'intimité des clairières et autour de potions aux parfums enivrants, nous avons guéri nos cœurs et partagé des récits d'antan. Ses breuvages portaient en eux des secrets oubliés.
De ces instants sont nées "Les Potions de Merlin." Plus que de simples boissons, elles sont des portes vers un univers que la raison n’ose plus explorer. Chaque composition raconte une histoire, capture l'essence d'une légende et murmure une vérité cachée. Aujourd'hui, je t’invite, voyageur, à écouter ces récits. Installe-toi. Respire. Laisse-toi emporter.
Le monde moderne ne croit plus en la magie, mais peut-être sauras-tu, toi, retrouver cet émerveillement, ne serait-ce qu’un instant. Car au fond de ta tasse, quelque part entre la première et la dernière gorgée, se cache l'âme d'une fée.
Merlin
À l'orée des grands chênes et des brumes éternelles, une maison de bois respire au rythme de la forêt.
Au cœur du Morbihan, là où la forêt se fait refuge, nous avons ancré notre existence dans une maison de bois, abritée sous les chênes. C’est ici, à l’orée des légendes, que notre petite entreprise familiale a pris racine, nourrie par l’âme bretonne qui imprègne nos cœurs. La Bretagne n’est pas simplement la terre que nous habitons ; elle est un souffle, une mémoire, une âme ancienne qui résonne en nous.
Ce n’est pas un hasard si les mystères de cette région se sont révélés à nous. Autour d’une tasse de chocolat fumant, d’une infusion rare, ou d’un thé dont les notes rappellent des temps oubliés, la légende est venue à nous. Elle s’est glissée dans les paroles d’un conteur, s’est murmurée dans la confidence d’un ami connaissant des sentiers cachés. Peu à peu, elle a pris forme, nous entraînant dans une quête silencieuse, à la recherche de notre propre Graal : un lien intime avec le "Petit Peuple", ces gardiens invisibles des secrets de Brocéliande.
Convaincus que la vraie richesse réside dans le partage, en 2022, nous avons fait le choix de dédier notre passion à la découverte et à la transmission de breuvages d’exception. Chaque gorgée que nous offrons est une invitation à renouer avec un monde ancien, celui où la terre et l’homme respiraient en harmonie, où les légendes faisaient vibrer les cœur.